CORONAVIRUS 24 mars La personne du jour Didier Raoult. La chloroquine

L’infectiologue Didier Raoult, génie incompris ou faux prophète?

Pour ou contre le professeur Raoult

L’infectiologue Didier Raoult, génie incompris ou faux prophète?

PORTRAIT – Génie pour les uns, inconscient pour les autres, le directeur de l’IHU de Marseille ne laisse pas indifférent.

Par Marie-Cécile Renault

French Researcher Posts Successful Covid-19 Drug Trial

Avec sa barbe et ses longs cheveux gris, Didier Raoult a plus le look d’un rockeur soixante-huitard que d’un professeur de médecine. Et pourtant, cet infectiologue de renom international, directeur de l’institut hospitalo-universitaire (IHU) de Marseille est sous les projecteurs depuis qu’il a publié fin février «Coronavirus: fin de partie!». Une vidéo dans laquelle il présentait la chloroquine comme un traitement miracle contre l’épidémie. Créant l’espoir pour de nombreux profanes, Didier Raoult a dans le même temps soulevé les critiques d’une partie de la communauté scientifique, qui met en garde tant sur les limites de sa méthodologie que sur les effets secondaires toxiques de la chloroquine.

Véritable génie pour les uns, fantasque pour les autres, qui se cache vraiment derrière cette personnalité complexe?

Sur le fond, la réputation de Didier Raoult n’est plus à faire. Chercheur ultra respecté à l’international, il a fait de nombreuses découvertes notamment sur les virus géants, et même

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LA CHLOROQUINE: médicament miracle ?

Un espoir des questions

Une espérance énorme est levée

Mais son usage divise

Peut générer des Nausée des problèmes cardiaques

Il faut que les médecins posent la question aux patients

« Est-ce que vous en voulez ou pas? »

La chloroquine suscite autant d’espoir que de méfiance dans la lutte contre le coronavirus. C’est devenu en quelques jours un sujet hautement politique, qui divise autant les médecins que les politiques.

Les médecins semblent divisés autour de cette molécule qui fait tant de bruit, la chloroquine, ou l’hydroxychloroquine sous sa forme dérivée.

Prendre des précautions ou tenter, même si cela peut s’avérer très dangereux ? Cette crise d’une ampleur inattendue crée des problèmes inédits.

Pour le grand public, il s’agit de faire confiance aux professionnels et ne pas prendre de risques inconsidérés.

Le système de santé peut-il faire face au tsunami qui arrive ?

24 mars 2020 à 16h10

Un habitant de l’Arizona est mort, apprend-on ce mardi via une ONG œuvrant outre-Atlantique dans le domaine de la santé, après avoir ingéré du phosphate de chloroquine, un produit notamment utilisé… pour nettoyer les aquariums.

Cet Américain sexagénaire croyait bien faire – sa femme aussi, elle a été hospitalisée -, après que le président Donald Trump a vanté les mérites de la chloroquine comme remède contre le coronavirus.

Le chef de l’Etat américain s’est lui-même laissé convaincre par le professeur Didier Raoult, un spécialiste français des maladies infectieuses autant décrié que glorifié pour ses tests jugés positifs, mais aussi limités.

La chloroquine, ou hydroxychloroquine, un antipaludéen bien connu, fait l’objet d’un âpre débat chez les médecins et les politiques depuis que le professeur Raoult a publié le résultat de ses premiers tests sur 24 patients atteints du coronavirus et s’est exprimé sur les bienfaits supposés de la molécule.

Ce dernier est allé jusqu’à proposer à des patients ressentant des symptômes du coronavirus de se présenter au CHU de Marseille pour être testés et éventuellement traités, ce qui a provoqué ce lundi une importante file d’attente devant l’hôpital de la Timone.

Pourtant, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) appelle à la prudence concernant la chloroquine.

Pour l’instant les tests effectués avec la molécule ne concernent que trop peu de patients, ce qui empêche d’en faire pour l’instant un médicament fiable contre le Covid-19.

Peut-on acheter ou se faire prescrire la chloroquine ?

En France, le gouvernement, via le ministre de la Santé Olivier Véran, s’est dit favorable à des tests cliniques plus étendus et actuellement en cours à l’échelle européenne, dans au moins 7 pays, depuis le 22 mars. En attendant, le Haut conseil de santé publique a rendu un avis ce lundi 23 mars, indiquant que la chloroquine pourrait certes être administrée aux malades souffrant de « formes graves » de coronavirus, mais uniquement dans un protocole médical strict et sur « décision collégiale des médecins ». Elle ne pourra pas être commercialisée et utilisée à plus grande échelle, pour des formes « moins sévères ».

Olivier Véran a indiqué qu’il allait signer un arrêté dans ce sens.

Ce dernier encadrera l’usage de la chloroquine pour les « équipes médicales hospitalières qui le souhaitent », mais empêchera  »toute prescription » de la chloroquine  »dans la population générale ».

Invité du 20 heures de TF1 lundi soir, le Premier ministre Edouard Philippe a néanmoins indiqué qu’ »à partir d’aujourd’hui, plus de 800 patients vont pouvoir rentrer dans une série de tests pour cette molécule et d’autres« .

Qu’est-ce que la chloroquine et l’hydroxychloroquine ?

Peu connue du grand public jusqu’à il y peu, la chloroquine est une molécule utilisée en médecine dans les traitements antipaludiques.

En d’autres termes, elle est utilisée, en préventif avant de se rendre dans des pays à risques, comme en curatif une fois le paludisme contracté.

L’hydroxychloroquine est la substance la plus souvent administrée par voie orale.

La chloroquine présente alors un groupe hydroxyle (l’entité OH comportant un atome d’oxygène et d’hydrogène liés).

On parle le plus souvent de « sulfate d’hydroxychloroquine« .

 Nivaquine et Plaquenil sont les autres termes souvent utilisés depuis quelques jours au sujet d’un potentiel traitement contre le coronavirus.

Il s’agit en réalité des noms derrière lesquels les molécules de chloroquine et d’hydroxychloroquine sont commercialisées.

La Nivaquine est une marque de Sanofi présentant la chloroquine sous forme de comprimé sécable de 100 mg.

 Le Plaquénil

issu du même groupe pharmaceutique,il est composé quant à lui de sulfate d’hydroxychloroquine sous forme de comprimés de 200 mg.

On trouve aussi de la chloroquine ou de l’hydroxychloroquine sous les marques Axemal, Dolquine et Quensyl.

Tous ces traitements sont aussi utilisés dans des traitements de la polyarthrite rhumatoïde et du lupus.

-Je l’ai pratiqué pendant 2 ans de 2001 à 2003 pour ma polyarthrite : Il a fallu l’arrêter car les réactions sur la peau ont été très importantes: décoloration par plaques, démangeaisons etc…

En France, le seul fabricant français de chloroquine (Sanofi – NDLR) est actuellement en plein travail pour pouvoir fournir les établissements procédant à des tests.

Quels tests ont été menés sur la chloroquine à Marseille ?

En France, le professeur Raoult a dévoilé les résultats de ses premiers tests le 16 mars dans une vidéo tournée à l’IHU de Marseille avec son staff.

En résumé, ses essais cliniques, menés sur 24 patients atteints du coronavirus, aboutiraient à la guérison des trois quarts d’entre eux après six jours.

Le traitement consiste en la prise de 600 mg de chloroquine par jour pendant dix jours.

« Je ne suis pas un outsider, je suis en avance », a indiqué Didier Raoult à La Provence ces derniers jours, absolument certain d’avoir trouvé le remède contre le coronavirus, s’agaçant au passage des quelques voix sceptiques et du temps perdu selon lui par les autorités.

C’est ce qu’il l’a conduit à partir de ce lundi 23 mars à assurer le dépistage du coronavirus chez toutes les personnes « fébriles » se présentant à l’Institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection.

Et ce même si les Agences régionales de santé (ARS), dont celle de la région PACA, assurent que les tests de dépistage n’ont plus vocation à être systématiques.

Raoult et ses équipes veulent de leur côté entamer un traitement à la chloroquine aux patients positifs  « dont un grand nombre peu symptomatiques ont des lésions pulmonaires au scanner »

Le traitement associe « l’hydroxychloroquine », un dérivé de la chloroquine et d’ « azithromycine », un antibiotique.

Selon le professeur Philippe Parola, à la tête du service des maladies infectieuses de l’IHU marseillais, lié à l’équipe de Didier Raoult, « cette association chloroquine et azithromycine faisait qu’à six jours le petit nombre de patients qui avaient reçu ce traitement n’avaient plus de virus détectable, c’est-à-dire qu’ils n’étaient plus contagieux » lors du premier test.

Il se défend d’être un « sorcier« .

« Il ne faut pas attendre que les patients s’aggravent et arrivent en réanimation pour voir ce que vivent mes collègues réanimateurs, c’est-à-dire un afflux massif de patients souvent âgés et à un stade très évolué de la maladie« , a-t-il confié à France info.

Philippe Parola assure par ailleurs que d’autres « essais cliniques seront utiles ».

« Mais je ne sais pas quand est-ce qu’ils seront disponibles », regrette-t-il.

Quels tests ont été menés sur la chloroquine en Chine ?

Le professeur Raoult a abondamment cité des expériences menées en Chine sur la molécule, dont il s’est inspiré : « Le fait d’ignorer ce qu’ont dit les Chinois sur la chloroquine est délirant. Ce sont eux qui avaient les malades pour expérimenter, pas nous », a-t-il notamment déclaré dans un entretien à Marianne.

En Chine, plusieurs hôpitaux ont testé la molécule sur leurs patients dès le début de l’épidémie.

« Il est démontré que le phosphate de chloroquine, un ancien médicament pour le traitement du paludisme, a une efficacité apparente et une innocuité acceptable contre la pneumonie associée au Covid-19″, indiquait une équipe de pharmacologues de l’hôpital universitaire de Qingdao dès le 19 février.

Le 25 février l’IHU de Marseille publiera déjà une vidéo intitulée « Vers une sortie de crise ? » mettant en avant les avancées chinoises.

Y sont notamment citées deux publications chinoises qui insistent sur l’intérêt de la chloroquine, « pour accélérer la guérison des patients » atteints par le coronavirus.

Mais les résultats de ces tests seraient nébuleux : ce lundi 23 mars, Philippe Klein, médecin français à Wuhan, épicentre mondial de l’épidémie de Covid-19, a assuré sur LCI que les tests menés en Chine et ayant débuté bien avant ceux de Marseille n’avaient abouti à « aucun résultat significatif » pour l’instant.

Des études ont aussi été menées en Iran, en Corée du Sud ou en Arabie saoudite.

Que disent les médecins et politiques sur la chloroquine ?

La chloroquine provoque le débat chez les scientifiques, certains estimant qu’il faut généraliser son usage, d’autres estimant qu’il faut que la molécule continue à suivre des tests cliniques selon le protocole conventionnel avant d’être utilisé plus massivement. 

D’autres professionnels du corps médical placent le curseur au milieu : ils ne sont pas contre des tests, mais ils attendent de voir pour se prononcer favorablement ou pas en faveur de la chloroquine comme remède contre le coronavirus.

C’est le cas de François Bricaire, infectiologue et ancien chef de service à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière de Paris.

« L’avantage, c’est un produit connu (…) On ne prend pas énormément de risque à l’utiliser », a-t-il réagi le 23 mars, interrogé sur l’antenne de LCI.

C’est notamment sur la base de cet argument que l’IHU de Marseille mène ses tests directement sur des patients, avant même la publication des résultats de l’essai clinique européen.

Chez les politiques aussi, la molécule suscite enthousiasme d’un côté, méfiance de l’autre.

Parmi les plus convaincus, on trouve l’actuel maire de Nice Christian Estrosi, lui-même frappé par le coronavirus et qui s’estime guéri après avoir été traité à la chloroquine.

« On n’a pas le temps d’expérimenter sur des souris », indique l’ancien ministre de l’Intérieur.

La députée LR Valérie Boyer, elle aussi contaminée et soignée avec le traitement de Didier Raoult, dit faire « confiance à ce professeur et à ses équipes ».

« Je voudrais les remercier pour l’espoir qu’ils nous donnent face au Covid-19 », a-t-elle précisé sur Twitter.

Bruno Retailleau, le président du groupe LR au Sénat, a exhorté le gouvernement à ne pas « prendre de retard » sur la question.

Sept députés LR ont aussi écrit à Emmanuel Macron pour lui demander d’accélérer sur la chloroquine, selon la lettre que le Figaro s’est procurée. A gauche, on fait en revanche preuve de prudence.

LES RESPIRATEURS

Outre un éventuel traitement, la question des respirateurs, que nous abordons dans cette édition, est au cœur de la crise, comme on a pu le voir en Italie.

L’Etat tente de rattraper son retard et s’en procurer mais la tâche n’est pas simple.

 

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